Lettres édifiantes et curieuses: Mémoires d'Amérique

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Noel-Etienne Sens, 1810
 

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Page 168 - Ensuite je retourne au pays, et je raconte ce qui m'est arrivé. On porte envie à mon bonheur ; on veut y participer. On part pour aller trouver la robe noire et lui demander le baptême. C'est ainsi que le François en a usé envers moi.
Page 187 - C'était lui qui cultivait son 36. Orange : aujourd'hui Albany. jardin, qui préparait son bois de chauffage, sa cabane et sa sagamité ", qui rapiéçait ses habits déchirés, cherchant par esprit de pauvreté à les faire durer le plus longtemps qu'il lui était possible. La soutane qu'il portait lorsqu'il fut tué, parut si usée et en si mauvais état à ceux qui l'en dépouillèrent, qu'ils ne daignèrent pas se l'approprier, comme ils en eurent d'abord le dessein. Ils la rejetèrent sur son...
Page 273 - Ces courses qu'il nous faut faire de temps-en-temps, soit à la suite des Sauvages, soit pour d'autres raisons importantes au bien de nos Missions, sont extrêmement pénibles. Vous en jugerez vous-même par le détail de quelques-unes que je fis ces dernières années, lesquelles pourront vous donner une idée de la manière dont nous voyageons en ce pays-ci. Si nos Missions ne sont pas si florissantes que d'autres par le grand nombre de conversions, elles sont du-moins précieuses et salutaires...
Page 158 - ... des instructions particulières. Lorsqu'après plusieurs jours d'un travail continuel, je jugeai qu'ils étaient suffisamment instruits, je fixai le jour auquel ils viendraient se faire régénérer dans les eaux du saint baptême. Les premiers qui se rendirent à la chapelle, furent le capitaine, l'orateur, trois des plus considérables de la nation, avec deux femmes. Aussitôt après leur baptême, deux autres bandes, chacune de vingt Sauvages, se succédèrent et reçurent la même grâce....
Page 165 - Oublions toutes ces méchantes affaires, et jetons-les dans la « mer, afin qu'elles ne paraissent plus, et que nous soyons bons amis. » « Cela est bien, répondit l'orateur au nom des Sauvages, que les « rois soient en paix, j'en suis bien aise, et je (n'ai pas de peine non « plus à la faire avec toi. Ce n'est point moi qui te frappe depuis « douze ans, c'est le Français qui s'est servi de mon bras pour te « frapper. Nous étions en paix, il est vrai, j'avais même jeté ma « hache je ne...
Page 284 - Le sort de ces prisonniers est bien triste ; car souvent on les brûle à petit feu , et d'autres fois on les met dans la chaudière , pour en faire un festin à tous les guerriers. Dès le premier jour de notre départ , nous trouvâmes des traces d'un parti de ces guerriers. J'admirai combien la vue de nos Sauvages est perçante ; ils me montroient sur l'herbe leurs vestiges ; ils distinguoient où ils s'étoient assis , où ils avoient marché , combien ils étoient ; et moi , j'avois beau regarder...
Page 142 - ... distribue aux danseurs. Leur coutume n'est pas d'enterrer les morts; ils les enveloppent dans des peaux , et les attachent par les pieds et par la tête au haut des arbres. Hors le temps des jeux , des festins et des danses, les hommes demeurent tranquilles sur leurs nattes , et passent le temps ou à dormir ou à faire des arcs , des flèches , des calumets et autres choses de cette nature.
Page 133 - ... dans d'autres canots, et c'est par une protection singulière de la bonté divine que je n'éprouvai pas le même sort; car mon canot donna plusieurs fois contre ces rochers, sans en recevoir le moindre dommage. Enfin, on risque de souffrir ce que la faim a de plus cruel; la longueur et la difficulté de ces sortes de voyages ne permettent d'emporter avec soi qu'un sac de blé de Turquie; on suppose que la chasse fournira sur la route de quoi vivre ; mais si le gibier y manque, on se trouve exposé...
Page 315 - ... à l'attaque; le bras se lasse plutôt qu'eux. Quand on met pied à terre pour dîner, depuis dix heures jusqu'à deux ou trois heures, c'est une armée entière que l'on a à combattre. On fait de la boucane, c'est-à-dire, un grand feu, que l'on étouffe ensuite avec des feuilles vertes ; il faut se mettre dans le fort de la fumée, si l'on veut éviter la persécution; je ne sais lequel vaut mieux, du remède ou du mal. Après dîner, on voudrait faire un petit sommeil au pied d'un arbre,...
Page 264 - ... un Manitou qui les anime. Rien de plus certain, dit le Charlatan. Cela me suffit, répliqua le Missionnaire, pour vous convaincre que vous êtes bien peu raisonnable; car, si l'homme, qui est sur la terre est le maître de tous les animaux; s'il les tue, s'il les mange, il faut que le Manitou qui anime les hommes soit aussi le maître de tous les autres Manitous: où est donc votre esprit de ne pas invoquer celui qui est le maître de tous les autres? Ce raisonnement déconcerta le Charlatan,...

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