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Semesum leporem , atque aliquid de clunibus apri;
Ad nos jam veniet minor altilis. Inde parato
Intactoque omnes, et stricto pane tacetis. .
Ille sapit, qui te sic utitur. Omnia ferre
Si potes, et debes : pulsandum vertice raso
Præbebis quandoque caput, nec dura timebis
Flagra pati, his epulis et tali dignus amico.

»

Étrurienne, ou le simple næud ou le plus modeste cordon 32 ? Vous vous laissez abuser par l'espoir d'un bon souper. « Il nous fera passer, dites-vous, cette moitié de « lièvre et ces filets de sanglier; ces débris de poulets ne « sauraient nous échapper. » Et vous attendez en silence, réservant votre pain tout entier pour ce repas délicat. Que Virron est sage de vous traiter ainsi! Puisque vous pouvez souffrir tous les affronts, il ne faut pas vous les épargner 33 : on vous verra bientôt livrer aux coups votre tête rasée, offrir vos épaules aux lanières, vils esclaves dignes de tels festins et d'un pareil ami.

NOTES

SUR LA SATIRE V.

1.

ARGUMENT. Le but de cette satire est d'inspirer le dégoût et l'aversion

que

tout homme sensible et honnête doit naturellement ressentir pour le métier de parasite. Si les malheureux qui l'exercent, dit l'auteur, sont méprisables, les riches qui se plaisent à les maltraiter, à les avilir, le sont

pas moins.

ne

2. Sarmentus et le vil Galba, etc., v. 3. L'un fut bouffon d'Auguste, l'autre de Tibère. Horace a parlé du premier :

Nunc mihi paucis ,
Sarmenti scurræ pugnas Messique cicerri;
Musa, velim referas, etc.

et Martial du second :

Qui Galbam salibus turis, et ipsum
Posses vincere Tectium Caballum.

3. Même à la table injurieuse de César, v. 4. Juvénal donne à cette table l'épithète d'iniquas, inégale, pour marquer que les conditions n'y étaient pas égales, ni les mets communs à tout le monde. Je n'ai pas pu trouver d'autre mot qu’injurieuse, pour exprimer l'inégalité des conditions, et les préférences qu'elles entraînaient.

4. Sur une natte de jonc en lambeaux ! etc., v. 8 et suiv. J'ai changé cette phrase et les suivantes. Dusaulx avait traduit: Nest-il plus de ponts, plus de quais, , mal vétu, transi de froid, et dévorant du pain tel qu'on en jette aux chiens, tu ne puisses subsister

plus décemment qu'à ces repas d'où tu sors couvert d'ignominie et presque à jeun? Je crois d'abord que tegetis n'avait pas été entendu, et que ce mot signifie, non pas un vêtement, mais la natte de paille ou de jonc sur laquelle le mendiant s’asseyait. De plus, l'ordre des phrases latines était interverti sans nécessité ; l'énergie de ces interrogations, tantine, etc., tam jejuna fames, etc., avait disparu; enfin, tam jejuna fames avait été interprété d'une manière si extraordinaire et si forcée, que j'ai dû proposer un autre sens. J. P

5. S'il s'avise enfin de t'inviter, toi, son client, etc., v. 16. L'esprit de l'institution du clientage dégénéra vers la fin de la république. Avant ce temps le patron assistait le client dans ses besoins, et le client donnait son suffrage au patron quand il briguait quelque magistrature ou pour lui-même ou pour ses amis. Les cliens devaient respecter leur patron, et le patron, de son côté, devait à ses cliens sa protection et son secours. Ce droit de patronage

fut institué par Romulus, pour réunir les riches et les pauvres; de façon que les uns fussent exempts de mépris, et les autres à couvert de l'envie. Mais la condition des cliens devint peu à peu une espèce d'esclavage. Voyez sur les lits des Romains, sat. I, not, sur le v. 136.

6. Sans prendre le temps de nouer sa chaussure , v. 20. Ligulæ étaient des courroies qui retenaient le soulier. Il y

en avait quatre qui se repliaient l'une sur l'autre, et que l'on attachait vers le milieu de la jambe.

7. Et que le Bootės paresseux traine lentement son chariot glacé, v. 23. Le Boộtès est une constellation voisine du pôle arctique et située près d'une autre constellation qu'on appelle le Chariot, de manière qu'on s'est figuré qu'elle hâtait les bæufs que

l'on

supposait attelés à ce chariot. De là lui vient le nom grec de Boôtès, qui signifie bouvier. L'auteur donne l'épithète de paresseuse à cette constellation, parce que, décrivant un cercle plus petit à mesure qu'elle s'approche du pôle, elle paraît se mouvoir plus lentement.

8. D'un vin qui ne serait pas bon à dégraisser la laine, v. 24. Lorsque les Romains se proposaient de teindre de la laine en couleur de pourpre, ils la lavaient dans du vin immédiatement après

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qu'elle avait été tondue. Nous disons, en parlant du mauvais vin , qu'il n'est pas bon à laver les pieds des chevaux : il peut se faire que Juvénal n'ait aussi, dans cet endroit, employé qu'une manière de parler proverbiale, relative, non à la laine, mais seulement aux brebis. Tonsas recentes , dit Varron, eodem die perungunt vino et oleo, etc. De Re rustica, lib. II, cap. 2.

9. Les serviettes se rougissent du sang qu'elles étanchent, v. 27. Les Romains nommaient une serviette mappa; mantile était la nappe. Long-temps après le siècle d'Auguste, ce n'était point encore la mode

que

l'on fournit des serviettes aux convives ; ils en apportaient de chez eux.

Personne, dit Martial, n'avait apporté de serviette, dans la crainte qu'on ne la lui volât. Que fit Hermogène ? il emporta la. nappe. »

Attulerat mappam nemo , dum furta timentur:

Mantile e mensa sustulit Hermogenes. 10. Armés de bouteilles Sagontines , etc., v. 29. Sagonte, ville d'Espagne, était renommée par ses vases de terre. Pline (lib. xxxv, cap. 12) parle de ces vases; et l'on trouve dans Martial : Saguntini calices et Saguntini

figuli. 11. Le patron s'abreuve d'un vin mis en réserve depuis le temps de nos anciens consuls, etc., v. 30. Les Romains laissaient fermenter leur vin pendant un ou deux ans dans des tonneaux; ensuite ils. le soutiraient dans de grandes jarres vernissées en dedans avec de la poix fondue. On marquait sur le dehors de la cruche le nom du vignoble et celui du consulat sous lequel le vin avait été fait. Ce soutirage s'appelait diffusio vinorum. Ils avaient deux sortes de vaisseaux employés à cet usage, l'un se nommait amphore, et l'autre cade. L'amphore était de forme carrée ou cubique à deux anses , et contenait deux

urnes,

environ quatre-vingts pintes de liqueur : ce vaisseau se terminait par un col étroit qu'on bouchait avec de la poix ou du plâtre, pour empêcher le vin de s'éventer: c'est ce que nous apprennent ces mots de Pétrone : Amphora vitreæ diligenter gypsatæ allatæ sunt, quarum in cervicibus pittaciu erant affixa , cum hoc titulo :

Falernum Opimianum annorum centum.

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