Page images
PDF
EPUB

Qui nunquam visæ flagrabat amore puellæ,
Grande et conspicuum nostro quoque tempore monstrum,
Cæcus adulator, dirusque a ponte satelles,
Dignus Aricinos qui mendicaret ud axes,
Blandaque devexæ jactaret basia rhedæ.
Nemo magis rhombum stupuit : nam plurima dixit
In lævum conversus; at illi dextra jacebat
Bellua. Sic pugnas Cilicis laudabat , et ictus,
Et et pueros

inde ad velaria raptos.
Non cedit Veiento, sed ut fanaticus oestro
Percussus, Bellona , tuo divinat; et, Ingens
Omen habes, inquit, magni clarique triumphi.
Regem aliquem capies, aut de temone Britanno
Excidet Arviragus : peregrina est bellua : cernis
Erectas in terga sudes? Hoc defuit unum
Fabricio, patriam ut rhombi memoraret et annos.

pegma, et

QUIDNAm igitur censes? conciditur? Absit ab illo
Dedecus hoc, Montanus ait : testa alta paretur,
Quæ tenui muro spatiosum colligat orbem.
Debetur

magnus patinæ subitusque Prometheus.
Argillam atque rotam citius properate : sed ex hoc
Tempore jam, Cæsar, figuli tua castra sequantur.
Vicit digna viro sententia. Noverat ille

l'art de la guerre au milieu des marbres de sa maison de plaisance. L'artificieux Véienton accompagnait l'assassin Catullus 33, qui brûlait d'amour pour une jeune fille que n’entrevirent jamais ses prunelles éteintes, Catullus, monstre d’infamie, même dans notre siècle, flatteur quoique aveugle, qui de mendiant devint satellite, et ne méritait que de poursuivre en suppliant 34 les chars qui descendent la colline d’Aricie. Personne ne parut plus émerveillé à l'aspect du turbot : le poisson est à droite, il l'admire à gauche 35. C'est ainsi qu'il jugeait des combats et des coups du gladiateur Cilicien, du jeu des machines , quand elles soulevaient les enfans jusqu'aux voiles du théâtre 36. Véienton, non moins ardent que Catullus, et tel qu'un fanatique pressé des aiguillons de Bellone, prononce cet oracle : « Prince, voici le présage certain « du triomphe le plus mémorable et le plus éclatant; « vous ferez quelque roi prisonnier, ou bien Arviragus « tombera du trône Britannique. Le monstre est étranger.

Voyez-vous de quels dards son dos est hérissé37? » Il ne manquait à Véienton que de dire le pays et l'âge du turbot.

QUEL est donc votre avis? demande l'empereur : faut« il le mettre en pièces? — Gardons-nous, répondit Mon« tanus, de lui faire cet affront : que l'on fabrique un « bassin assez profond, et qui soit assez large pour le re« cevoir tout entier dans ses minces parois. Ce grand « œuvre exige l'art et l'activité d'un nouveau Prométhée.

Que l'on prépare au plus tôt et la roue et l'argile. A « compter d'aujourd'hui, César, que des potiers suivent .

[ocr errors]

Luxuriam imperii veterem, noctesque Neronis
Jam medias, aliamque famem, quum pulmo Falerno
Arderet. Nulli major fuit usus edendi
Tempestate mea. Circæis nata forent, an
Lucrinum ad saxum, Rutupinove edita fundo,
Ostrea, callebat primo deprendere morsu,
Et semel aspecti litus dicebat echini.

SURGITUR, et misso proceres exire jubentur
Concilio, quos Albanam dux magpus in arcem
Traxerat attonitos et festinare coactos,
Tanquam de Cattis aliquid torvisque Sicambris
Dicturus, tanquam diversis partibus orbis,
Anxia præcipiti venisset epistola penna.
Atque utinam his potius nugis tota illa dedisset
Tempora sævitiæ, claras quibus abstulit urbi
Illustresque animas impune et vindice nullo!
Sed periit, postquam cerdonibus esse timendus
Coeperat : hoc nocuit Lamiarum cæde madenti.

« toujours votre camp. » Cet avis, digne de l'auteur, l'emporta. Montanus se souvenait de l'intempérance des premiers empereurs 38, et des orgies que continuait jusqu'au milieu des nuits ce Néron, si habile à renouveler sa faim , quand ses poumons étaient embrasés par le Falerne. Nul autre de notre temps n'eut le tact plus fin, le palais plus délicat:il distinguait du premier coup de dent l'huître de Circé de celle des rochers de Lucrin, ou du promontoire de Rutupe; du premier coup d'oeil, il pouvait dire de quels parages venait un hérisson de mer.

CHACUN se lève : le conseil est fini, et l'on fait sortir tous ces grands que leur sublime maître avait forcés d'accourir en désordre et pleins d'effroi dans sa citadelle d'Albe, comme s'il se fût agi des Cattes ou des Sicambres; comme si de fâcheuses nouvelles fussent arrivées subitement des quatre points du globe. Que n'a-t-il consumé dans ces extravagances la durée d'un règne qui ravit impunément à la patrie, et sans qu'il s'élevât un vengeur, tant de citoyens illustres et généreux! Mais il périt à son tour, et ce fut quand les derniers artisans de Rome 39 commencèrent à le craindre; voilà ce qui purgea la terre d'un monstre couvert du sang des Lamia 40.

NOTES

SUR LA SATIRE IV.

I.

ARGUMENT.
RGUMENT. Le satirique commence par reprocher à Crispinus

à sa scélératesse et son intempérance. Un surmulet, que ce monstre avait acheté six mille sesterces, rappelle, ou fait supposer à Juvénal, qu’un turbot d'une grosseur prodigieuse ayant été offert à Domitien, cet imbécille fit convoquer les sénateurs et les grands, afin de délibérer, dans un conseil extraordinaire, sur les moyens d'apprêter dignement ce superbe et friand morceau. Chacun des conseillers est caractérisé par un trait d'éloge ou de blâme, qui fait également la censure du tyran.

2. Qu'importent donc et ses portiques assez longs, etc., vers 5. On comptait à Rome, du temps d'Auguste, plus de quarante-cinq portiques publics, remplis de boutiques de marchands qui vendaient toutes sortes de bijoux. Entre les portiques des princes, ceux qui portaient le nom de portique palatin, portique d'Apollon, de Pompée, de Livie , d'Octavie, d'Agrippa, étaient les plus superbes. Il y en avait de publics qui servaient à l'ornement des théâtres et des basiliques; et on en voyait de particuliers, qui servaient à la commodité des palais voisins. Un peu avant Caton, les particuliers n'avaient point encore de grands portiques qui regardassent le septentrion. Mais ce peuple, si pauvre, si simple dans son origine, devint si délicat après ses conquêtes de Grèce et d'Asie, qu'il ne put ni se reposer, ni se promener qu'à couvert. C'est .ce qu'on verra dans la satire 7.

3. Les palais et les jardins qu'il acheta près du forum, v. 8. Am

« PreviousContinue »