Les satyriques latins: comprenant Juvénal, Perse, Lucilius, Turnus, Sulpicia

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Hachette, 1864 - Satire, Latin - 334 pages

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Page 310 - Je vous connais pour noble à ces illustres marques. Alors soyez issu des plus fameux monarques , Venez de mille aïeux , et , si ce n'est assez , Feuilletez à loisir tous les siècles passés ; Voyez de quel guerrier il vous plaît de descendre ; Choisissez de César. d'Achille, ou d'Alexandre , En vain un faux censeur voudrait vous démentir , Et si vous n'en sortez , vous en devez sortir. Mais , fussiez- vous issu d'Hercule en droite ligne , Si vous ne faites voir qu'une bassesse indigne...
Page 310 - Croyez-vous qu'il suffise d'en porter le nom et les armes, et que ce nous soit une gloire d'être sorti d'un sang noble lorsque nous vivons en infâmes? Non, non, la naissance n'est rien où la vertu n'est pas. Aussi, nous n'avons part à la gloire de nos ancêtres qu'autant que nous nous efforçons de leur ressembler; et...
Page 305 - Quand de Claude assoupi , la nuit ferme les yeux , D'un obscur vêtement , sa femme enveloppée , Seule avec une esclave , et dans l'ombre échappée , Préfère à ce palais , tout plein de ses aïeux , Des plus viles phrynés , le repaire odieux. Pour y mieux avilir le rang qu'elle profane , Elle emprunte à dessein un nom de courtisane : Son nom est Lysisca.
Page 311 - Apprenez enfin qu'un gentilhomme qui vit mal est un monstre dans la nature; que la vertu est le premier titre de noblesse; que je regarde bien moins au nom qu'on signe qu'aux actions qu'on fait, et que je ferais plus d'état du fils d'un crocheteur qui serait honnête homme, que du fils d'un monarque qui vivrait comme vous.
Page 318 - N'importe, lève-toi. — Pour quoi faire après tout? — Pour courir l'Océan de l'un à l'autre bout, Chercher jusqu'au Japon la porcelaine et l'ambre, Rapporter de Goa i le poivre et le gingembre.
Page 311 - Qu'est devenu ce teint dont la couleur fleurie Semblait d'ortolans seuls et de bisques nourrie, Où la joie en son lustre attirait les regards, Et le vin en rubis brillait de toutes parts ? Qui vous a pu plonger dans cette humeur chagrine...
Page 310 - En vain un faux censeur voudrait vous démentir, Et si vous n'en sortez, vous en devez sortir. Mais, fussiez-vous issu d'Hercule en droite ligne, Si vous ne faites voir qu'une bassesse indigne. Ce long amas d'aïeux que vous diffamez tous Sont autant de témoins qui parlent contre vous ; Et tout ce grand éclat de leur gloire ternie Ne sert plus que de jour à votre ignominie.
Page 318 - II faut souffrir la faim , et coucher sur la dure ; Eût-on plus de trésors que n'en perdit Galet » , N'avoir en sa maison ni meubles ni valet ; Parmi les tas de blé vivre de seigle et d'orge ; De peur de perdre un liard , souffrir qu'on vous égorge.
Page 308 - Dans sa chambre, crois-moi , n'entse point tout le jour. Si tu veux posséder ta Lucrèce à ton tour, Attends , discret mari , que la belle en cornette Le soir ait étalé son teint sur la toilette , Et.dans quatre mouchoirs, de sa beauté salis, Envoie au blanchisseur ses roses et ses lis.
Page 310 - Fait paraître en courant sa bouillante vigueur ; Qui jamais ne se lasse, et qui dans la carrière S'est couvert mille fois d'une noble poussière : Mais la postérité d'Alfane et de Bayard * , Quand ce n'est qu'une rosse , est vendue au hasard, Sans respect des aïeux dont elle est descendue, Et va porter la malle , ou tirer la charrue ; Pourquoi donc voulez-vous que, par un sot abus, Chacun respecte en vous un honneur qui n'est plus?

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