Page images
PDF
EPUB

(en 1872, il y avait 220 étudiants, dont 71 Alsaciens-Lorrains); la bibliothèque renferme 525,000 volumes.

- M. W. FOERSTER fait savoir qu'il a renoncé à publier l'édition critique, qu'il annonçait il y a dix ans dans le catalogue de la librairie Teubner, des textes latins de la légende d'Alexandre et que, depuis quatre années, il a remis ses matériaux. ainsi que les contributions qu'il devait à MM. Reber, P. Meyer, Du Rieu, Zupitza et A. Bauer, à M. VOLKMANN.

- M. Oito Benaghel annonce, de son côté, qu'il n'a plus l'intention de publier le Roman d'Eneas, et qu'une édition de ce texte est, à ce qu'il croit, préparée par M. G. WEIDNER.

- M. WACKERNELL s'est a habilité » privat-docent de philologie allemande à l'Université d'Innsbruck; M. Wilker, qui remplissait le même emploi à l'Université de Gættingue, a renoncé à l'enseignement public.

Un comité s'est formé à Landsberg pour rappeler par une plaque, fixée à la muraille de la maison où est né Gottfried Bernhardy (Wallstrasse, 9, le souvenir du savant philologue et historien ; adresser les souscriptions à M. Hermann Schenbock, libraire à Landsberg.

- Le flot de journaux et revues spécialement consacrés à la littérature française ne tarit pas; on annonce encore la fondation d'une revue critique paraissant tous les mois à Leipzig, chez l'éditeur P. Ehrlich; cette revue a pour titre Gallia et pour sous-titre, kritische Monatsschrift für franzæsische Sprache und Literatur ; le directeur est M. Ad. KRESSNER, de Cassel.

- L'Altpreussische Monatschrift, dirigée par MM. Rud. Reicke et Ernest Wichert, publie en ce moment le fragment inédit d'une ouvre inachevée de Kant, intitulée Uebergang von den metaphysischen Anfangsgründen der Naturwissenschaft zur Physik ; ce fragment, qui comprendra plusieurs fascicules de la revue, ne sera pas publié à part (Kønigberg, Beyer).

ANGLETERRE. – M. Gosse doit publier dans la collection des « english men of letiers » (Macmillan) une étude sur Gray.

AUTRICHE. - Le 12 avril 1882, à l'occasion du centenaire de la mort de Métastase, M. Ad. MussaFIA a prononcé, dans une des salles de l'Académie de Vienne, un discours dans lequel, avec une parfaite justesse d'idées et une grande élégance de forme, il a retracé la vie et apprécié l'oeuvre du célèbre mélodramaturge. Ce discours a été imprimé à deux cents exemplaires (Pietro Metastasio, discorso di Ad. Mussafia. Vienna, Gerold, 80).

HOLLANDE. La « Société des arts et sciences d'Utrecht (provinciaal Utrechtsch Genootschep van Kunsten en Wetenschapen) donnera un diplôme d'honneur et la somme de 300 forins à l'auteur du meilleur travail sur le sujet suivant : « De la valeur des euvres d'Aristophane et de Thucydide pour la connaissance de leur époque, avec référence aux vues de Müller-Strübing dans son livre « Aristophanes und die historische Kritik »

et dans ses ouvrages ultérieurs ». Les travaux peuvent être écrits en hollandais, en allemand, en anglais, en français ou en latin; ils devront être envoyés avant le 1er décembre 1883 à M. Melvil, baron van Lynden, secrétaire de la Société.

ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES

Séance du 2 juin 1882. M. le ministre de l'instruction publique informe par lettre l'Académie que la demande de mission de M. Victor 'Guérin, dont il a été question à une précédente séance, sera soumise à la commission des voyages et missions.

M. Geffroy écrit pour annoncer une découverte importante qui vient d'être faite à Rome. On a trouvé un disque de marbre sculpté, sur lequel l'artiste s'attachant aux termes de la description homérique du bouclier d'Achille a cherché à reproduire les différentes scènes qui ornaient ce bouclier. A côté des bas-reliefs on voit soixante-quinze vers du texte d'Homère, gravés en lettres presque microscopiques ; plusieurs passages présentent des leçons qui diffèrent de celles du texte généralement admis. Au revers du disque on lit le nom de Theodoros ; M. Geffroy rappelle que ce nom se retrouve dans un passage de Pline, H. N., XXXV, XL, 19 : « Theodorus... bellum Iliacum (pinxit) pluribus tabulis, quod est Romae in Philippi porticibus. » Déjà l'on avait soupçonné que dans ce passage Pline avait peut-être voulu parler d'un sculpteur plutôt que d'un peintre; la découverte qui vient d'être faite confirmerait cette hypothèse. Le P. Garrucci, ajoute en terminant M. Geffroy, promet de donner prochainement une étude détaillée sur ce précieux monument.

M. le Dr Hamy transmet de la part de M. H. Tarry la traduction d'un manuscrit arabe recueilli à Ouargla. Cet envoi est destiné à compléter la communication faite au nom de M. Tarry à la séance du 19 mai.

L'Académie se forme en comité secrét.

A la reprise de la séance publique, M. le président proclame le résultat du concours ouvert pour le prix ordinaire, sur cette question : Faire connaître les versions de la Bible en langue d'oil, totales ou partielles, antérieures à la mort de Charles V, etc. Le prix est décerné au mémoire n° 3, dont l'auteur est M. Samuel Berger, secrétaire de la faculté de théologie protestante de Paris. Une récompense de 1,000 fr. est, en outre, accordée au mémoire n° 2, qui porte pour devise :

Quanque nos trovons escript
De leuvre de nos ancessors

Est doctrine de nos meors. Le pli cacheté qui accompagne ce mémoire ne sera ouvert que si l'auteur se fait connaître.

M. P.-Ch. Robert lit la suite de son mémoire sur Gondovald et les monnaies frappées en Gaule au nom de l'empereur Maurice Tibère. Il croit pouvoir affirmer que Gondovald ne fut jamais, comme on l'a dit, « roi » ni u maître » de la Provence et de la région du Rhin, où ont été frappées les monnaies qui font l'objet du débai. S'il eût conquis cette région, Grégoire de Tours n'aurait pas manqué de le dire, comme il a mentionné et raconté dans le détail la conquête de l'Aquitaine par le même Gondovald. Les évêques qui furent cités dans la suite au coucile de Mâcon, pour avoir favorisé le soulèvement de Gondovald, étaient tous des évêques d'Aquitaine et non de la région du Rhône. Dans cette région, conclut M. Robert, Gondovald n'a jamais été le maître, il n'a donc pu y battre monnaie.

Ouvrages présentés de la part des auteurs : par M. Egger : SCH@BEL (C.), . moire sur les origines de l'écriture alphabétique; par M. Oppert : Rosny (Léon DE), les Documents écrits de l'antiquité américaine; par M. Barbier de Meynard : GUYARD (Stanislas), Bulletin critique de la religion assyro-babylonienne : la question suméro-accadienne (extraits de la Revue de l'histoire des religions); nan : LEDRAIN, Histoire d'Israël, tome II; – par M. Delisle : FLEURY (Ed.), 1° Antiquités et Monuments du département de l'Aisne ; 4° partie; 20 iD., Origine et veloppement de l'art théatral dans la province ecclésiastique de Rheims ; 30 O'REILLT, Mémoires sur la vie publique et privée de Claude Pellot; 4° MOLINIER (Auguste)

, la Commune de Toulouse et Philippe III (extrait de la Bibliothèque de l'école des Chartes); 50 MALLEVOUX (DE), la Maison natale de Mme de Sévigné.

Julien HAVET.

par M. Re

Le Propriétaire-Gérant : ERNEST LEROUX.

Le Puy, ly p. et lith. Marchessou fils, boulevard Saint-I aurent, 23

D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

No 25

19 Juin

1882

Sommaire : 112. V. Egger, Sources de Diogène de Laërte. – 113. Dejoe, MarcAntoine Muret. 114. HAMONT, Dupleix d'après sa correspondance inédite. VARIÉTÉS : Müntz, Lettres inédites de savants français à leurs confrères ou amis d'Italie, XVlle-XIXe siècles, III. La Condamine, D'Agincourt, Paul-Louis Courier. - Chronique, – Société des antiquaires de France. Académie des Inscriptions.

112.

Disputationis de fontibus Diogenis Laertii particulam de Successionibus philosophorum Facultati litterarum Parisiensi proponebat ad doctoris gradum promovendus Victor Egger. Bordeaux, 1881, in-8°, 80 pages.

La recherche des sources auxquelles ont puisé les historiens et biographes anciens parvenus jusqu'à nous est aujourd'hui très en faveur, et, bien que ce genre de travaux aboutisse trop souvent à des conjectures assez peu solides, on ne peut nier que la discussion de ces problèmes ne soit par elle-même intéressante et utile. Cela est surtout vrai quand il s'agit d'un auteur comme Diogène de Laërte, dont l'ouvrage, en même temps qu'il est pour nous une mine très riche d'informations, nous inquiète d'ailleurs à chaque instant par le défaut de jugement et de critique qui s'y révèle à toutes les pages. Aussi la question des sources de Diogène de Laërte a-t-elle provoqué déjà des travaux assez nombreux, parmi lesquels ceux de Bahnsch et de Nietzsche sont les principaux. Mais la question est complexe, et tant d'efforts n'ont donné que des résultats peu satisfaisants. M. Victor Egger a renouvelé la tentative, et, pour tâcher de mieux réussir que ses devanciers, il s'y est pris autre. ment. D'abord il a divisé le problème : au lieu d'étudier en général les sources de Diogène, il n'a étudié que celles où Diogène a puisé ses renseignements sur la succession des philosophes et l'enchaînement chronologique des doctrines (@ladoyai tūv p:ocópuv); ce n'est là qu'un chapitre entre beaucoup d'autres qu'il faudrait encore écrire pour avoir une étude complète des sources de Diogène ; M. E., qui trace au début de son travail le programme de Louvrage entier, y distingue quatorze chapitres : il couvient d'ajouter cependant que ces chapitres seraient d'importance fort inégale, et que celui qu'il a traité de préférence (non sans toucher d'ailleurs parfois à quelques problèmes voisins) est à coup sûr un des plus considérables. L'autre innovation de M. E., plus originale que la précédente, consiste à avoir interverti l'ordre de son investigation : tandis que Nietzsche cherchait à remonter de Diogène à ses prédécesseurs immédiats et de ceux-ci toujours plus haut, M. E. suit l'ordre inverse :

Nouvelle série, XII).

25

il part d'Aristote et descend pas à pas la suite des temps jusqu'à Diogène. Il est aisé de voir que le premier avantage de cette manière de procéder est de nous présenter les faits dans leur ordre naturel et dans leur progrès historique, ce qui est toujours la meilleure manière de les expliquer, autant du moins qu'une explication est possible quand il s'agit de ces choses de l'antiquité où la chaîne des faits est si souvent rompue par les lacunes de notre savoir. Nous avons de la sorte, à tout le moins, un aperçu sommaire de la manière dont l'histoire de la philosophie a été traitée dans l'antiquité, et des progrès successifs de cette partie de l'histoire littéraire. Diogène arrive à sa place, et on le comprend mieux. La conclusion du travail de M. E. est que le principal guide de Diogène, en ce qui concerne la succession des philosophes, a été Sotion d'Alexandrie, qui vivait, semble-t-il, dans la première moitié du ile siècle avant l'ère chrétienne, et qui paraît avoir donné le premier exemple du genre d'ouvrages intitulés Ascôoyai tō :2.0cóğwy. Cela ne veut pas dire d'ailleurs que Diogène ait eu entre les mains le livre même de Sotion, ni peut-être celui de son abréviateur Héraclide, mais seulement que l'auteur quel qu'il soit auquel Diogène a demandé des informations sur la succession des philosophes s'était lui-même inspiré de Sotion, directement ou indirectement. En d'autres termes, c'est la doctrine de Sotion qui, par des canaux plus ou moins nombreux et plus ou moins purs, serait arrivée jusqu'à Diogène. Voilà simplement ce qu'a voulu démontrer M. Egger. · Il est clair que la première chose à faire pour établir cette démonstration, c'était de retrouver les traits caractéristiques de la doctrine de sotion d'Alexandrie ou certaines particularités saillantes de sa méthode d'exposition, et de montrer que ces mêmes particularités se rencontraient chez Diogène. M. E. regarde comme l'invention la plus originale de Sotion cette idée bizarre, adoptée par Diogène, qui consiste à former un groupe à part de Xénophane et d'Héraclite, considérés comme n'ayant eu ni maîtres ni disciples, et comme étant des isolés, des solitaires en philosophie (of cropôro). Il croit croit en outre (p. 61 et suiv.) retrouver dans la division du livre de Diogène celle mème de Sotion. Un certain nombre de détails viendraient à l'appui de cette double concordance fondamentale.

Je ne saurais suivre ici pas à pas, ni pour la discuter, ni même pour l'analyser, l'argumentation de M. Egger. Elle repose sur une foule de discussions particulières très minutieuses, qu'il est impossible de résumer. Je me bornerai à dire qu'elle est très précise, très subtile (dans le bon sens du mot), et que les conclusions auxquelles elle aboutit sont vraisemblables, ce qui, dans l'état de nos informations, n'est pas un mérite médiocre. Il est certain que la dissertation de M. E., par la nouveauté de la méthode, par l'abondance des observations instructives et par l'intérêt de certaines vues, tient désormais une place distinguée dans la série des travaux consacrés à Diogene de Laërte.

Voici seulement, pour finir, quelques remarques de détail. — Pages 10. 11. M. E. constate qu'Aristote, dans ce qui nous reste de ses ceuvres, ne se préoccupe pas de marquer l'enchaînement historique des doctrines, et il cherche les raisons de ce fait. J'admets volontiers le fait (sauf quelques réserves), mais les raisons de M. E. me paraissent peu satisfaisantes : je ne puis croire ni qu'Aristote ait reculé devant la difficulté d'une tâche que ses successeurs ont accomplie sans avoir plus de ressources qu'il n'en avait lui-même, ni qu'il ait méconnu l'intérêt de ces filiations d'idées, lui qui a si nettement marqué dans sa Poétique l'histoire analogue des progrès de la tragédie ou de la comédie. - Page 9 aussi, le mot étaipos dans la phrase d'Aristote (Métaph., livre I, p. 985 b, l. 4, Bekker) me paraît Synonyme de μαθητής. . Page 37, breviatore suo prior est une erreur typographique pour breviatore suo junior. Cette correction faite, le raisonnement est juste, et aussi probant qu'on peut le désirer en des matières où la conjecture a tant de part. Page 47, note 1, je trouve une bonne correction à Diogène de Laërte, III, 5, où il faut lire : 65 ÇEV 'Αλέξανδρος εν Διαδοχαίς καθ' Ηρακλείδης (au lieu de Ηράκλειτος). Page 56, la vraie pensée de Théophraste sur les rapports d’Anaximandre avec Xénophane (et non, comme l'avait compris Diogène, avec Parmé. nide) me semble très finement restituée. C'est là un point qui a de l'importance.

Le latin de M. Egger est ordinairement de bon aloi : on pourrait pourtant y relever quelques taches; par exemple, en cinq ou six passages, l'emploi erroné de tum... tum (tantôt... tantôt) pour cum.. tum (à la fois... et); page 20, an au sens de num après dubito; page 27, artificiose pris en un sens qui m'a tout l'air de faire un gallicisme; plus d'une fois aussi, j'aurais des scrupules sur l'emploi de vero ou de autem après un relatif servant à lier deux phrases. Je signale ces petites imperfections à l'auteur, sans y attacher plus d'importance qu'il ne convient.

Alfred CROISET.

113. – Marc-Antoine Muret. Un professeur français en Italie dans la seconde moitié du xvie siècle, par M. Ch. DeJob, professeur de rhétorique au collège Stanislas. Paris, Thorin. 1881, in-8° de iv-90 p.

Un maitre dont on doit aimer à rappeler ici le souvenir, Charles Graux, a exprimé plus d'une fois l'importance d'une grande histoire de la philologie française, pendant sa période la plus brillante et la plus féconde, son règne incontesté du xvie siècle. En atiendant que cette æuvre

1. Les fautes d'impressions sont rares. Cependant, page 9, je rencontre Kpotovidons pour kpc.ovárns; page 50, 4a7cmxyżbcus est mal accentué; page 23, ligne 1. le renvoi est inexact : il faut lire Diog , L. LX, 23; page 27, excriptorom est mis pour exscriptorem; page 40, Scepcium pour Scepsium.

« PreviousContinue »