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CERTIFICATE OF MESSRS. VAN BERCKEL

AND DUMAS

(From contemporary copy in the Library of Congress.]

Attestation de M. Van Berckel, Grand Pensionnaire d'Amsterdam, et de M. Dumas, Agent des Etats-Unis en Hollande.

Le Commandeur Paul Jones, Commandant une Escadre legere équippée aux frais de sa Maj. Tr. Chrétienne, sous Pavillon et commission des Etats-Unis d'Amerique, fit voile de France le 14° Août, 1779 dans le tems environ que la grande Flotte combinée de France et d'Espagne de 66 vaisseaux de ligne sous le Commandement de S. E. le Comte d'Orvilliers, parut dans le canal entre la France et l'Angleterre. Comme on s'attendoit qu'une armée Françoise sous la protection de cette Flotte feroit une descente à la Côte méridionale de l'Angleterre, le Commandeur, ayant Carte Blanche, crut de son devoir de faire une forte diversion pour faciliter l'entreprise. Pour cet effet, il allarma et insulta les Ports de l'Ennemi depuis le cap Clear, le long de la côte occidentale de l'Irlande par le nord de l'Ecosse jusqu'à Hull à l'Est de l'Angleterre. Dans le cours de ce service, aussi dificile qu'important, il fit plusieurs captures armées en guerre et détruisit nombre de Vaisseaux Marchands de l'Ennemi. Le grand désir du Commandeur étoit d'intercepter la Flotte Britannique revenant de la Baltique, et par là priver l'Ennemi des moyens d'équipper leurs Vaisseaux de Guerre. Il y a tout lieu de croire qu'il eût completement effectué ce projet, s'il n'avoit été abandonné Sur la côte d'Irlande, par une partie considerable de ses forces, et si sa Frégate le Bon-homme Richard avoit été le moins du monde secondée dans son mémorable Combat contre le Serapis, Vaisseau à deux ponts, et contre la Comtesse de Scarborough, Frégate. Mais après que le Commandeur eut seul combattu ces deux Vaisseaux pendant une heure à la distance du pistolet, tandis que le reste de ses forces se tenoit à l'abri des coups, malgré l'avantage du vent, l'Alliance Frégate Américaine vint lâcher traitreusement trois bordées de mitraille sur le Bonhomme Richard. Durant toute l'affaire, l'Alliance eut soin de ne pas s'exposer à recevoir un seul coup ni à avoir un seul homme de tué ou blessé à son bord. Le Bon-homme Richard fut pendant trois heures accroché au Serapis, et après le Combat, qui dura quatre heures, coula bas, criblé de coups comme jamais vaisseau ne l'avoit été jusque-là. Le combat se donnant à une lieue de navigation de Scarborough, il ne fut pas possible dans les circonstances ci-dessus mentionnées, d'empêcher l'entrée de ce Port au Convoi Ennemi, qui s'y mit en sureté. Le Commandeur entra au Texel avec le résidu de son Escadre et ses deux dernieres prises le 3 Octobre 1779. La moitié des Equipages tant du Bonhomme Richard que du Serapis, ayant été tuée ou blessée, le Commandeur s'adressa à Leurs Hautes Puissances pour la permission d'établir un hopital au Helder, afin d'y pouvoir guerir les blessés: mais la magistrature du lieu s'y opposant, leurs Hautes Puissances assignerent à cet effet le Fort du Texel; et comme le Commandeur eut la permission de garnisonner ce Fort par un Détachement de ses soldats, il expedia la Commission, pour autant de tems que de raison, de Commandant de la Place à l'un de ses officiers. La Flotte combinée étant rentrée à Brest, les Anglois revenus de la terreur d'une invasion dont ils s'étoient vus menacés, firent éclater toute leur animosité contre le Commodore. L'Ambassadeur d'Angleterre à la Haye, par des Mémoires reitérés aux Etats-Généraux, ne cessa de réclamer peremptoirement la restitution du Vaisseau de Guerre et de la Frégate pris par le Commandeur et d'exiger en outre que Pirate Paul Jones Ecossais fût livré au Roi son Maitre. Cette demarche de l'Ambassadeur ne lui réussissant pas, il fit tout ce qu'il put auprès des Magistrats et Particuliers d'Amsterdam, pour qu'on mit la main sur la personne du Commodore et qu'on le lui livrât; mais en vain: personne n'eut la bassesse ou la hardiesse de se prêter à ses désirs à cet égard.--Les Anglois détachèrent plusieurs Escadres légères pour intercepter le Commandeur. Deux de ces Escadres croisoient continuellement à la vuë du Texel et du Vlie; tandis que d'autres étoient stationnées de manière à leur faire croire qu'il étoit impossible qu'il pût leur échapper. L'objet de la Cour de France en faisant entrer le Commandeur au Texel, étoit qu'il escortât de là à Brest une nombreuse Flotte chargée de matériaux pour l'arsenal de ce Port; mais sa position rendit ce service impraticable, surtout dès que le ministre n'eut pas soin de tenir la chose secrète.—La situation du Commandeur au Texel fixoit déjà l'attention de toute l'Europe, et affectoit profondement la politique des Puissances belligérantes. Mais cette position devint infiniment plus critique lorsque le Prince d'Orange ôta le Commandement de l'Escadre Hollandoise qui étoit de 13 Vaisseaux de Guerre, à M. Riemersma, et envoyà le Vice-Amiral Rhynst a pour lui succèder et expulser le Commandeur du Texel, à la vuë des Escadres Britanniques.Ceci engagea la Cour de Versailles à envoyer à l'Ambassadeur de France à la Haye une Commission de sa Maj. Tr. Chr. pour le commandeur, qui l'autorisoit à arborer le Pavillon de France. Mais à cela le Commandeur n'y voulut point consentir: il avoit fait sa Déclaration en arrivant, d'officier des Etats-Unis: il n'étoit point autorisé du Congrès à accepter la Commission offerte: enfin il concevoit qu'il seroit déshonorant et désavantageux, tant pour lui-même que pour l'Amérique de changer de

a Pieter Hendrik Reynst, vice-admiral of the navy of Holland. -COMPILER.

John Paul Jones Commemoration

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Pavillon, Vå surtout les circonstances.-Excepté la Frégate l'Alliance, tout le reste de l'Escadre du Commandeur appartenoit à Sa Maj. Tr. Chr. et l'Ambassadeur de France avoit par conséquent, le droit d'en disposer.-Le Ministre Américain à Paris envoya ordre au Commandeur de livrer tous ses Prisonniers à l'Ambassadeur de France, et pour obéir à cet ordre, le Commandeur fût réduit à lui livrer aussi le Serapis et La Comtesse de Scarborough, parceque les autres Vaisseaux ne pouvoient contenir le grand nombre des Prisonniers.-Le Commandeur continua donc de déployer le Pavillon Américain à bord de l'Alliance, et dès que le vent l'eût permis, le Vice-Amiral, après avoir déjà rendu le Séjour du Commandeur au Texel aussi désagréable qu'il avoit pu, l'obligea de faire voile dans cette Frégate.—Le Commandeur eut l'adresse et le bonheur d'échapper à l'avidité de l'ennemi, et les Anglois enragés de tout cela, et aussi de ce que les Etats-Généraux avoient accordé une escorte pour la Flotte qui portoit des matieres navales du Texel à Brest, déclarèrent peu après la guerre aux Pays-Bas-unis: ils se servirent même du séjour et de la Conduite du Commandeur au Texel pour en faire le premier article de leur Déclaration. Les faits qu'on vient de lire sont de notoriété publique par toute l'Europe; et mon motif en donnant ce témoignage à l'Amérique en faveur du Commandeur, procède du désir de rendre justice à Son Zèle et à sa bonne conduite, pour l'honneur et les intérêts des Etats-Unis dans les affaires parvenues plus immédiatement que d'autres à ma connoissance. À La Haye, ce 10 Mars 1784.

(Signé) E. F. VAN BERCKEL.

Je soussigné connoissant non seulement l'exacte vérité de tout ce que dessus, mais ayant de plus dû être officiellement présent pendant près de trois mois sur l'Escadre Américaine en rade au Texel, l'atteste avec plaisir. À La Haye ce 11° Mars 1784.

(Signé) C. W. F. DUMAS,

Agent des Etats-Unis d'Amérique.

LETTER TO ROBERT MORRIS

(From autograph draft in the Library of Congress.]

PHILADELPHIA, [October 10, 1783.]a Sir: It is the custom of nations, on the return of peace, to honor, promote and reward such officers as have served through the war with the greatest “zeal, prudence and intrepidity'.

And since my country has, after an eight years' war, attained the inestimable blessing of peace and the sovereignty of an extensive empire, I presume that, (as I have constantly and faithfully served through the Revolution, and at the same time supported it, in a degree, with my purse,) I may be allowed to lay my grievances before you, as the head of the marine. I will hope, sir, through you, to meet with redress from Congress.

Rank, which opens the door to glory, is too near the heart of every man of true military feeling, to be given up in favor of any other man who has not, by the achievement of some brilliant action, or by known and superior abilities, merited such preference. If this be so, how must I have felt, since, by the second table of captains in the navy, adopted by Congress, on the roth of October, 1776, I was superseded in favor of thirteen persons, two of whom were my junior lieutenants at the beginning; the rest were only commissioned into the continental navy on that day; and, if they had any superior abilities, these were not then known, nor have since been proved! I am the eldest sea officer (except Captain Whipple) on the Journal, and under the commission of Congress, remaining in the service. In the year 1775, when the navy was established, some of the gentlemen by whom I am superseded, were applied to, to embark in the first expedition, but they declined. Captain Whipple has lately and often told me, they said to him, "they did not choose to be hanged”. It is certain the hazard at first was very great; and some respectable gentlemen, by whom I am superseded, accepted the appointment of captain and of lieutenant of a provincial vessel for the protection of the river, after our first little fleet had sailed from it; and on board of which they had refused to embark, though I pretend not to know their reason. But the face of affairs having changed, as we ripened into the declaration of independence in 1776, their apprehensions subsided; and in a letter I received from the late Mr. Hewes, of Congress, and of the marine committee, dated at Philadelphia, May the 26th, 1776, and directed

a This date is assigned to this paper by Mr. Charles Henry Lincoln in the Calendar of John Paul Jones Manuscripts in the Library of Congress.-COMPILER.

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