Mémoires et journal inédit du marquis d'Argenson: ministre des affaires étrangères sous Louis XV

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Page 128 - ... qu'elle avait la bonté de penser me convenir. Elle m'assurait le suffrage de ses amis , qui étaient en grand nombre à l'Académie. On a même essayé de tourner en ridicule ce qui est une chose très-réelle : c'est que l'on n'était guère recu à l'Académie, que l'on ne fût présenté chez elle et par elle.
Page xxxviii - Le triomphe est la plus belle chose du monde : les Vive le Roi ! les chapeaux en l'air au bout des baïonnettes, les compliments du maître à ses guerriers, la visite des retranchements, des villages et des redoutes si intactes, la joie, la gloire, la tendresse! Mais le plancher de tout cela est du sang humain, des lambeaux de chair humaine.
Page 43 - Selon moi , le plus parfait modèle d'un grand seigneur aimable est M. le cardinal de Rohan. Quoiqu'il n'ait -au fond qu'un esprit médiocre, peu d'érudition et de lecture , qu'il n'ait jamais été chargé de grandes administrations ni traité de suite d'importantes affaires , il a un avantage marqué sur ceux qui ont le plus administré et négocié.
Page 45 - Il représente à Strasbourg et à Saverne mieux qu'aucun prince d'Allemagne , et même que les électeurs ecclésiastiques. Sa cour et son train sont nombreux et brillans. Avec cela, il conserve cet air de décence qu'ont les membres distingués du clergé de France , et que ceux d'Allemagne et d'Italie n'observent pas. Il est galant, mais il...
Page xxxvi - Nos maîtres riaient de bon cœur du barbouillé. Un palefrenier de mon frère a été blessé à la tête d'une balle de mousquet : ce domestique était derrière la compagnie. « Le vrai , le sûr, le non flatteur, c'est que c'est le roi qui a gagné lui-même la bataille par sa volonté, par sa fermeté; vous...
Page 161 - Le régent, trahi par son propre ministère ; l'opiniâtreté des parlements, l'inquiétude des protestants de Poitou, les troubles de Bretagne ; la conspiration de Cellamare, dans laquelle étaient impliquées nombre de personnes de Paris, et dont les fils étaient ourdis à l'hôtel du Maine; les querelles entre les princes du sang et les légitimés, entre la noblesse et les ducs et pairs , entre les jansénistes et les molinistes; toutes ces causes de discorde fomentées et soldées par l'argent...
Page 118 - cher Moncrif , lui ai-je dit, rien de si aisé à traiter » que le premier point de ton discours ; tout le monde » le sent , tout le monde a le désir de plaire ; mais on se » trouve bien embarrassé sur les moyens d'y parvenir. » II est même assez difficile et assez délicat d'indiquer >> les véritables ; ils dépendent d'un grand nombre de » circonstances qui les font varier , pour ainsi dire , à
Page 49 - Il n'avoit pas encore mis la dernière main à cette grande affaire lorsque la mort du pape le rappela à Rome. Il assista encore au conclave où fut élu Innocent XII, et revint en France l'année suivante, i692.
Page 44 - Mazarin avoient joui dans le conseil. On sentoit bien que Dubois n'étoit pas fait pour passer sur une pareille planche après quatre-vingts ans d'interruption. La naissance de M. de Rohan. les dignités dont il étoit revêtu, indépendamment du cardinalat, l'en rendoient susceptible.
Page 35 - Il se plaît plutôt à faire des plaisanteries, que l'on peut appeler des mièvreries de jeune courtisan, que de vraies méchancetés et des noirceurs dont on assure que son père était capable ; mais il a connu de trop bonne heure les douceurs et les avantages du Ministère, et il ne paraît pas qu'il sache encore quels en sont les devoirs et les principes.