Représentations et perceptions des hommes vis à vis du toucher rectal dans le cadre du dépistage individuel du cancer de la prostate

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2010 - 122 pages
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Il existe des divergences concernant l'opportunité d'un dépistage systématique du cancer de la prostate. Cependant l'état actuel des recommandations médicales professionnelles concernant le dépistage individuel du cancer de la prostate repose sur la mise en œuvre combinée de 2 tests : le dosage sanguin du taux de PSA et le toucher rectal (TR). Des études ont mis en évidence une pratique non systématique du TR en médecine générale. un des principaux obstacles rencontrés par les médecins serait la gêne éprouvée par les patients. L'objectifs de cette étude est d'évaluer les représentations et perceptions des hommes vis à vis du TR dans le cadre du dépistage du cancer de la prostate. Il s'agit d'une recherche qualitative par entretiens semi-directifs auprès de 15 hommes âgés de 50 à 74 ans dans la région Auvergne : verbatims intégralement retranscrits puis classés par thème pour faciliter le codage. Les hommes se sentent concernés par le dépistage du cancer de la prostate. Tous mentionnent l'importance d'une prise en charge précoce. Malgré cet intérêt, les patients ont peu de connaissances sur ce dépistage. Une campagne d'information paraît donc utile pour certains patients. Tous les hommes trouvent l'examen désagréable mais peu d'obstacles sont cités. les freins retrouvés sont la pudeur, le respect de l'intimité, la position et la peur du résultat. Des éléments facilitent au contraire la réalisation du TR : la rapidité du geste, l'absence de désagréments, la réassurance par rapport à la normalité de l'examen. Avoir déjà bénéficié d'un TR diminue l'appréhension des patients. Les attentes des hommes concernent avant tout l'information que ce soit avant l'examen sur son but et après sur son résultat. Le respect des conditions d'hygiène et de la pudeur du patient en évitant la présence d'autres personnes sont aussi à prendre en compte. La présence du conjoint n'est pas un obstacle. Prévoir une consultation dédiée n'est pas utile pour de nombreux patients. Les hommes ne sont pas à l'initiative de ce dépistage. Le médecin traitant par la relation de confiance établie avec le patient est la personne privilégiée pour informer et réaliser l'examen. Des doutes sur ses compétences sont néanmoins évoqués. La réalisation de l'examen par un médecin femme ne semble pas une gêne pour la majorité des patients. La gêne éprouvée par le patient comme obstacle à la réalisation du toucher rectal n'est en réalité qu'une représentation des médecins généralistes. Le geste est donc bien admis par les hommes qui sont prêts à accepter cet examen une fois par an s'ils pensent qu'il existe un bénéfice pour leur santé.

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