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- 11 -' données à une même divinité ne doivent pas nous surprendre , car les divinités phéniciennes et syriennes eurent souvent, dans les mêmes temples , des figures et des attributs différents (1).

Sur une médaille de l'empereur Pbilippe, le simulacre dela Diane de Perga est surmonté du modius (a) , symbole connu de la fécondité, qui lui est commun avec la grande déesse de la nature adorée à Ephèse.

Les sphinx qui l'accompagnent quelquefois (3) seraient-ils destinés à indiquer que cette Artémis n'est autre qu'Isis, et à rappeler ainsi le lien qui unit les religions de l'Egypte et celles de l'Asie? ou bien ne figurent-ils là que comme gardiens du temple?

Lorsqu'à la place des sphinx on voit deux colombes (14), ce symbole est plus significatif, puisqu'il nous ramène naturellement à la Vénus-Astarté de Syrie, de Phénicie et de Cypre. _ L'aigle qui est sur le fronton, ainsi que le soleil et la lune placés à côté de l'effigie de la déesse, sont les seuls symboles accessoires qu'on remarque sur la médaille de Tacite qui fait le sujet de cette dissertation. Ils ont évidemment trait au culte de la lumière , et c'est pour en tenir lieu que les habitants de Perga , lorsqu'ils représentaient leur Artémis sous une forme humaine, mettaient presque toujours un flambeau dans ses mains

Le règne de Tacite n'est séparé de celui de Macrin que par un intervalle de cinquante-sept années, et néanmoins , en com

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parant, sous le rapport de l art, les médailles de ces deux

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princes, on est étonné de voir combien elles diffèrent. Il faut chercher la cause de cette décadence rapide dans les troubles qui ne cessèrent de déchirer l'empire romain pendant ce court espace de temps, et qui hâtèrent les progrès de la barbarie en tarissant toutes les sources de la prospérité publique.

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IV.

Essai sur le classement chronologique des Médailles
de Marseille.

D: tous les savants qui ont parlé des médailles de Marseille ( Vantique Maxsalie ), le président Fauris de Saint-Vincens est le seul, à ma connaissance, qui en ait fait l'objet d'un travail particulier ou, si je puis m'exprimer ainsi, d'une monographie. La dissertation qu'il publia à ce sujet fut insérée à la fin du tome 1" de-l'Hisioire de Provence de Papon. Ce petit écrit fut depuis lors augmenté et amélioré , et j'en ai lu le manuscrit qui m'avait été confié par le fils de ce respectable ami des arts et de l'antiquité. Les médailles de Marseille n'y sont guère considérées que sous le rapport de l'explication des types, et comme ils sont très peu variés, la publication de ce manuscrit, conservé aujourd'hui à la bibliothèque de Marseille, n'ajouterait rien à ce que nous savons de l'histoire de cette ville, non plus qn,à nos connaissances philologiques et archéologiques. .

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Je me propose de considérer aujourd'hui ces médailles sous un point de vue nouveau: je veux parler de leur classement chronologique. C'est à mes yeux le seul moyen de mettre quelque ordre dans la rédaction des catalogues qu'on pourra vouloir en faire à l'avenir, et de leur donner un degré d'intérêt qu'ils n'ont point eu jusqu'à ce jour.

L'étude des médailles sous le rapport de l'art est encore naissante. Dans un mémoire publié en 18a6 (1), j'ai essayé de fixerles principales époques de l'art monétaire chez les Grecs; ces époques, établies d'après la marche et les progrès de l'art en général, doivent nécessairement recevoir quelques modifications en s'appliquant à telle ou telle ville en particulier. Il est évident que toutes n'ont pas marché du même pas dans la carrière de la civilisation, et que des circonstances locales ontmodifié plus ou moins leur système monétaire. J'ose croire cependant que les bases les plus essentielles de la classification que j'ai proposée seront confirmées de plus en plus par l'examen de chaque série de médailles en particulier. On a publié quelques essais de ce genre dans les Mémoires de l'académie (les inscriptions (tom. xLvn, ltl-Ip); ils se trouvaient dans les papiers de l'abbé Barthèlemy; mais ce savant ne s'y est occupé que des villes de la Grande-Grèce.

La fondation de Marseille remonte à l'an 600 avant J.-C.; elle conserva son autonomie et les droits qui en découlaient jusque sous les premiers empereurs romains, et il serait difficile de dire avec précision quand et comment elle perdit ce titre que César vainqueur lui avait conservé. Le droit de battre une monnaie propre était un des privilèges qui résultaient de l'autonomie. Le conserva-t-elle avec les autres? C'est ce que je ne pense pas, bien que le président de Saint-Vincens se prononce pour l'affirmative. Il rappelle que la plupart des

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autres villes autonomes de la Grèce et de l'Asie en ont joui

pendant les premiers sièclesde l'empire; et il ‘conclut qu'il endût être de même à l'égard de Marseille (1). Il s'étonne cependant que les habitants de Marseille n'aient pas suivi l'exempledes autres Grecs qui, sur les monnaies qu'ils firent frapper sous les empereurs romains, aimaient à étaler les titres dont les vainqueurs les avaient laissés jouir. Nul doute que les Marseillais n'eusscnt fait comme cux s'ils eussent conservé le droit.

d'avoir une monnaie particulière. Mais c'est un fait constant

en numismatique que les Romains n'en usèrent pas envers les peuples d'Occident comme envers ceux de l'Orient: tandis que ces derniers conservèrent jusque sous Gallien le privilège de se servir de leur propre monnaie, les autres le perdirent bien plus tôt. Ainsi, les Gaules en furent privées sous Auguste (a) et l'Espagne sous Caligula : c'est ce qu'on peut conclure avec certitude des médailles de ces contrées qui nous restent en grand nombre. Comment se fait-il, en effet, qu'on ne trouve jamais l'effigie de Tibère sur les médailles des Gaules, ni celle de Claude et de ses successeurs sur celles d'Espagne? Marseille fut traitée comme les autres cités gauloises, et rien ne prouve qu'on ait fait une exception en sa faveur.

Le temps pendant lequel Marseille a joui du droitde battre monnaie est donc renfermé dans des limites certaines: sa fondation et le règne dätuguste. Cet espace, qui embrasse six siècles, me paraît pouvoir se diviser en quatre époques distinctes dont je vais fixer les limites; j'établirai ensuite les caractères qui les distinguent :

La 1'°- de l'an 6oo à l'an. 535 avant J.-C.

La a’ de l'an 535 à l'an 1,5o id.

La 3° de l'an 1.5o à l'an a5o id.

La 11° de l'an 25o au commencement de l'ère chrétienne.

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