Échappé de la potence: Souvenirs d'un prisonnier d'état canadien en 1838 (Livre numérique Google)

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Imprimé pour l'auteur par E. Senécal, 1862 - 47 pages
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Page 15 - Vas-y de suite ! Je ne veux pas le manquer celui-là ; car il ya un an que je le guette." J'ai bien compris qu'il s'agissait de toi, et j'ai piqué droit à travers les champs pour venir t'avertir. Si les chemins avaient été beaux, je ne serais peut-être pas arrivé à temps, parce que D.
Page 36 - Cinq jours se passèrent ainsi, et le soir du cinquième jour de ma folie, me trouvant seul avec Béchard, je lui dis tout-à-coup, en reprenant mon air de bon sens : — Eh bien, Béchard, trouvez-vous que je sache bien faire le fou ? Jamais je n'ai vu d'expression de surprise aussi profonde que celle exprimée par la figure de Béchard, en ce moment. — Comment ! me dit-il, en se levant tout d'une pièce, tu n'est pas fou! — Pas plus que la semaine dernière ! mais parlez moins haut, car vous...
Page 41 - Dès la première question, je m'empare d'un livre, qui était à ma portée, et je me mets à écrire dedans. Je faisais les comptes des Juges pour les payer et les renvoyer. Je leur dis qu'ils étaient des fainéants et des bons à rien qui volaient l'argent de la Reine; que j'allais l'informer de tout, et qu'en attendant, je leur donnais leur congé. Aux questions qu'ils voulurent me poser, je leur ris au nez, leur dis que s'ils se croyaient mes juges, ils se trompaient fort, que je me moquais...
Page 32 - Non, jamais ; mais nous ne soin- 1 mes pas des fous, je pense. — Non, sans doute, mais on peut faire semblant d'être fou. — Perds-tu la tête, mon cher, me répondit Béchard, du ton le plus étonné possible, faire semblant d'être fou ! mais qui a jamais vu une pareille idée ? On ne peut pas plus perdre volontairement sa raison qu'on ne peut la reprendre une fois qu'on l'a perdue. En un mot, ou ne fait pas plus un fou avec un sage qu'un sage avec un fou.
Page 10 - Et tous ces braves gens confiants et honnêtes qui sont là compromis par des fous ou des traîtres! Car enfin, il n'ya pas de milieu; s'ils ont des armes et qu'ils ne les fassent pas venir de suite, c'est une imbécilité qui n'a pas de nom! S'ils n'en ont pas...
Page 39 - Tous les matins, de bonne heure, je faisais chauffer de i'eau pour dire ma messe. Je prenais quatre prisonniers pour acolytes, je leur donnais $20 par mois, et avant de commencer la messe, je faisais le tour de la grande salle, et une lavette à la main, je jetais de mon eau bénite bouillante à la figure des prisonniers. Pendant la messe je faisais un sermon, ou des publications de bans de mariage; j'avais toujours soin de marier le curé de la paroisse; cela faisait rire plus que tout le reste;...
Page 43 - Il pouvait être alors neuf heures du matin. On mit trois, quatre et cinq hommes, mais tout fut inutile et je résistais en désespéré. Je m'accrochais à tout, et une fois ma main sur quelque chose, on ne pouvait me faire bouger d'une ligne. On fit venir plusieurs soldais du corps de garde, mais sans plus de succès.
Page 38 - ... le fis sauter deux ou trois fois, puis me renversant tout de mon long sur le dos, en le serrant toujours à l'étouffer, je me mis à le secouer à gauche, comme j'aurais pu faire d'un enfant. Je lui envoyais taper ses bottes sur le plancher comme les battes d'un fléau.
Page 43 - Je leur glissais dans les doigts en quelque sorte, et aprèd plusieurs tentatives inutiles on décida de détourner mon attention pendant une heure ou deux. Je laissai faire, me promenai dans l'intérieur de la prison, et au bout d'un certain temps on me ramena près de la porte en me demandant d'aller faire une promenade dehors. Je refusai encore en disant que je ne voulais pas abandonner le service de la Reine. Tout-à-coup cinq hommes me saisirent, et me poussèrent jusque dans l'encadement de...

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